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J'écris depuis toujours, ou presque
Parce que sinon, j’ai raté beaucoup de carrières, dans ma vie. A sept ans, je voulais devenir danseuse étoile, éventuellement acrobate. Je me voyais débuter en « petit rat de l’Opéra » et enchaîner rapidement avec le Lac des cygnes. Plus tard, j’ai rêvé de devenir chanteuse de jazz, ainsi que de faire de la recherche en astrophysique : ce sera pour mes prochaines vies. Finalement, j’ai trouvé de bonnes solutions dans cette vie là. Écrire me permet de vivre la vie de nombreux personnages. Depuis la publication de mon premier roman aux éditions de l’Aire en 1991, je n’ai pas arrêté.

A onze ans, j’écrivais des micronouvelles romantiques et des poèmes panthéistes. La poésie m’a longtemps accompagnée. Au début des années 1980, je composais des textes de chanson et de café-théâtre que j’interprétais sur scène dans le groupe Notamment et d’autres formations. Une de mes passions est l’histoire, à la même période, j’ai publié des recherches historiques  sur la condition des femmes. Puis j’ai vécu à Paris pour suivre l’école de l’acteur-créateur animée par Alain Knapp : improvisation, mise en scène, construction de personnages, écriture de scénarios... une année riche en apprentissages. J’ai également travaillé comme journaliste dans plusieurs médias, en particulier à la Radio suisse romande. Depuis une dizaine d’années, j’anime des ateliers d’écriture : c’est chaque fois une belle aventure humaine et créative (mes qualifications en page Formations).

Avec tout ça, j’ai trouvé moyen de m’amuser, de m'énerver, de rire, de voyager, bref, de vivre avec mon fils, qui a été longtemps petit et qui maintenant est grand. J’espère qu’il n’aura pas besoin de trop de psychanalyse pour se remettre de sa maman peu conformiste.
Explorer, essayer : c'est justement ce qu'a fait mon amie Barbara Erni en me photographiant dans un vénérable miroir de la salle mythique du Capitole, à Lausanne
Ça fait donc pas mal de vies, mais depuis longtemps déjà, c’est la fiction, le roman et la nouvelle, qui sont mes terrains préférés. J’ai toujours un petit carnet noir sur moi, pour le cas où j’aurais une idée dans un train, au restaurant. Quand j’écris, je veux dire, quand je suis plongée dans un manuscrit, les nécessités de la vie matérielle me persécutent. Je ne vois pas l’heure passer, j’estime que le frigo devrait se remplir tout seul, les lessives s’effectuer par enchantement, les paiements s’envoler de leur propre chef jusqu’à destination. J'ai acquis la conviction que les objets sont hostiles à la littérature.
J’écris des nouvelles par pure paresse, toujours après un long roman qui m’a pris des années, dans l’illusion qu’elles vont me donner moins de travail. Et bien sûr, je me trompe. En fait, j’adore les deux. Ce qui me plaît sans doute, c’est de changer de genre, d’exigence, de sujet aussi d’ailleurs. Si chaque livre n’était pas différent des précédents, ne me faisait pas aborder de nouveaux registres, je m’ennuierais. En ce moment, je me plonge dans l’univers des jeux vidéos. Si je ne sombre pas dans l'addiction totale, ça pourrait faire un livre.